Le bâti local
Du calcaire de Beauce au colombage du Perche
C'est notre département, celui que nous connaissons le mieux, et il n'a pas un seul visage. À l'est et au centre, la Beauce et son calcaire sec : des fermes à charpente de résineux, des combles immenses et souvent mal ventilés. C'est le terrain du capricorne des maisons, qui ne touche que l'aubier des résineux et creuse trois à dix ans avant que le premier trou n'apparaisse.
Dans les maisons de bourg, à Chartres, Dreux, Châteaudun ou Nogent-le-Rotrou, ce sont les planchers de chêne du dix-neuvième et les escaliers. Là, c'est la petite vrillette, notre premier motif d'appel de très loin, avec ses petits tas de poudre qui reviennent après chaque coup d'aspirateur.
Dans la basse ville chartraine, le long de l'Eure, les caves voûtées semi-enterrées changent la donne. Les solives y sont encastrées dans un moellon qui ne sèche jamais, et le polypore des caves attaque l'about de poutre, la partie noyée dans la maçonnerie, donc invisible. On ne s'en aperçoit qu'au moment où le plancher fléchit.
À l'ouest, le Perche apporte le colombage et le torchis. Le bois est à nu, exposé, et la jonction entre le pan de bois et son remplissage laisse entrer l'eau à chaque pluie battante. C'est souvent là que nous combinons traitement et aérogommage.
Le Sommet de l'Habitat, atelier à Soulaires, Eure-et-Loir